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17/04/2008

La Chine appelle au boycott de la France

Depuis quelques jours, des milliers de Chinois appellent au boycott des produits français, en réaction à la position de Paris sur les droits de l’Homme. On l’avait bien cherché aussi, avec notre idée révolutionnaire de vouloir faire porter à nos sportifs un badge au slogan subversif, limite extrémiste : « Pour un monde meilleur ». Ah ben non justement, il a été interdit par Henri Sérandour, président du Comité national olympique et sportif français, qui dément avoir subi la moindre pression mais juge simplement ce badge trop « franco-français ». Bon mais quand même, on devait bien s’attendre à une réaction de la part des Chinois après la prise de position ferme de Bernard Laporte, secrétaire d’Etat aux sports, qui réclamait mardi, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, « que tout le monde boycotte la cérémonie d’ouverture » des Jeux olympiques, y compris les journalistes. Ah mais non, on avait mal compris, ce n’était en réalité qu’une « boutade », a-t-il précisé en fin d’après-midi. On se disait aussi, un membre du gouvernement qui s’engage clairement sur l’appel au boycott des JO, c’eût été trop beau…

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(Photo : AFP) 



Laporte : l'appel au boycott



Mais alors si ce n’est pas la faute des déclarations ultra policées de la France, qui ne s’est toujours pas décidée à adopter une ligne de conduite franche et définitive quant aux violations des droits de l’Homme par Pékin, pourquoi des milliers de citoyens chinois se sont-ils ligués ces derniers jours dans un même mouvement de rejet de l’Hexagone ? Forums de discussion, SMS, blogs, boîtes mail, pétitions en ligne : les appels à ne plus acheter de produits français envahissent le réseau Internet chinois, et un vaste boycott collectif de Carrefour, première enseigne visée avec ses 2 millions de clients par jour, est prévu pour le 1er mai. Les actionnaires du numéro 2 mondial de la distribution, dont le groupe LVMH de Bernard Arnault, sont accusés de «soutenir financièrement le dalaï lama », et donc l’indépendance du Tibet.

Une deuxième vague de boycott devrait démarrer le 8 mai, soit 3 mois jour pour jour avant l’ouverture des JO de Pékin. « Le peuple français et le gouvernement français ont méprisé le sérieux de la flamme olympique et les sentiments du peuple chinois, la Chine ne peut pas être insultée », s’insurgent les militants, qui appellent également au boycott des marques Louis Vuitton, Alcatel, Danone ou BNP Paribas : « Les Français ont défendu les séparatistes tibétains lors du passage de la torche à Paris, arrêtons de leur donner notre argent » (voir l’article de Libération). Selon RFI, d’autres internautes vont plus loin en appelant les touristes chinois à ne plus se rendre en France, voire en soutenant l’indépendance de la Corse, en réponse aux réactions de la France sur la répression au Tibet.

Mouvement spontané. Les autorités de Pékin affirment que l’appel au boycott des marques françaises est né spontanément parmi les consommateurs chinois. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de refuser de condamner ce boycott. « Récemment, des Chinois ont fait part de leurs opinions et de leurs sentiments. Tout cela a une raison », a déclaré mardi une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu. « L'amitié nécessite les efforts des deux parties. On ne peut pas d'un côté entendre vanter l'importance de la relation entre la France et la Chine et de l'autre voir des choses que le peuple chinois ne comprend pas et n'accepte pas, a-t-elle ajouté. Nous espérons que la France pourra écouter attentivement la voix du peuple chinois et, sur un certain nombre de problèmes récents, prendre une position objective et impartiale, respecter les faits, faire la part du vrai et du faux et, comme beaucoup de pays, comprendre et soutenir la position juste et les mesures appropriées prises par le gouvernement chinois. »

Le ministère français des Affaires étrangères a temporisé en affirmant que les appels au boycott étaient seulement « le fait d’une très petite minorité ». Quant au groupe Carrefour, implanté en Chine depuis plus de 10 ans, il a démenti avoir joué « un quelconque rôle dans la politique chinoise intérieure ou les relations internationales », et a rappelé que ce boycott risquait surtout de sanctionner les travailleurs chinois eux-mêmes : 98% des 40 000 employés du groupe Carrefour en Chine sont des Chinois, et 80% des produits vendus par l’enseigne sont fournis par plus de 20 000 producteurs chinois.

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