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13/05/2008

Clip sous surveillance

Ils prétendaient avoir utilisé uniquement des images de vidéo-surveillance pour monter le clip de leur dernière chanson, mais ils viennent d’être démasqués : les membres du groupe britannique The Get Out Clause avaient monté toute l'histoire pour se faire un peu de pub. Ils auront en tout cas réussi le pari de se faire connaître en quelques mois, grâce à un buzz savamment orchestré.



Tout commence en décembre dernier. The Get Out Clause, petit groupe de Manchester, met en ligne sur YouTube, le clip de sa dernière chanson, Paper. Sa particularité : il a été entièrement réalisé à partir d’images de caméras de sécurité, et n’a donc pas coûté un centime au groupe, qui n’aurait jamais pu s’offrir ni équipe de tournage ni studio d’enregistrement. Fauchés mais malins, les trois jeunes gens ont profité du phénomène CCTV (closed-circuit television, qui désigne l’invasion des caméras de surveillance dans les villes britanniques). Ils se sont fait filmer par 80 de ces caméras dans les rues de Manchester, le bus ou le tramway, puis ont réclamé les rushes, comme ils en avaient légalement le droit. « Nous voulions produire quelque chose de bien qui ne soit pas trop cher à réaliser, a expliqué le guitariste Tony Churnside à la chaîne britannique Sky News. Nous avons alors eu l’idée d’aller à Manchester et de nous installer en face de caméras qui nous filmeraient, puis de réclamer les enregistrements au nom du droit à la liberté d’information. » Résultat : un clip en noir et blanc, entièrement gratuit, et dont l’originalité promettait de faire mouche sur Internet :




Et pourtant, les débuts du groupe ont été laborieux. En cinq mois, la vidéo n’a été visionnée que quelques milliers de fois. Pas mal mais loin d’être suffisant pour percer dans le milieu. Le groupe embauche alors l’attaché de presse d’Oasis, Liam Walsh, qui fait diffuser le clip par la chaîne Sky News. Et c’est le jackpot : le nombre de visionnages Internet explose immédiatement, et la petite histoire fait rapidement le tour du pays. Il faut dire que les artistes sans le sou qui se moquent ouvertement du système, ça a toujours fait vendre. Le groupe a même droit à sa petite apparition dans le JT de France 2, le 9 mai :




Oui mais un succès si fulgurant, forcément, ça intrigue. Et le 7 mai, le Manchester Evening News publie une enquête pas jolie jolie pour les musiciens britanniques… Alors qu’y dit-on ? Eh bien d’abord qu’il n’y a pas de caméra de surveillance dans les taxis de Manchester, et que les autobus de la ville, où l’on voit jouer le groupe, assurent que les plans ne peuvent pas venir de chez eux. Ah ben mince alors, et d’où peuvent-elles donc bien venir, ces images ?.. Ensuite que le label présent sur les images prises dans le tramway ne serait en fait pas celui des caméras des transports en commun. Deuxième coup dur. Enfin que la mairie de Manchester prétend qu’elle n’a jamais reçu de demande pour récupérer des images vidéo. Impossible d’entretenir le mythe plus longtemps : l’attaché de presse du groupe a fini par admettre que « certaines vidéos ne provenaient pas de caméras de surveillance », mais que les trois musiciens cherchaient en réalité « une idée neuve » pour leur promotion. Bien joué.

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